L’architecture contemporaine à Drummondville : une utopie?

Portrait de Guy Drouin
Par Guy Drouin Le lundi 11 novembre 2013
11 Novembre 2013 - 12:00am

Est-ce qu’un lieu patrimonial ou une rue à l’architecture fin XIX e doit obligatoirement conserver un design et une architecture traditionnels? Selon moi, c’est une question pertinente dans le contexte ou plusieurs administrations locales, à l’aide de leur CCU, ont tendances à faire du mimétisme, à reproduire une architecture du passé dans le contexte du XXI e siècle. C’est une question à laquelle, d’ailleurs, de nombreux architectes et urbanistes sont confrontée.

Le mimétisme permet de  « disparaître » dans son environnement par la couleur, la forme et les matériaux mais, iI s’accompagne d’une immobilité absolue. Par ailleurs,  il est dommage de perdre une trame urbaine uniforme et une architecture originale pour les remplacer par un bâti aseptisé et souvent ennuyant. Mais, un lieu peut faire preuve de prouesses architecturales en alliant habilement le vieux bâti au nouveau et en créant un choc d’époques impressionnant.

Cependant, on oublie parfois de discuter de deux des éléments les plus importants - la préservation historique et les gens. Un développement qui réussit à trouver le juste équilibre entre toutes les composantes de la planification et de la conception peut devenir un élément d’art apprécié dans une trame urbaine du passé.

En 2012, Elyana Javaheri de This Big City, publiait un article sur la place du bâtiment moderne dans une ville classée patrimoine mondial, en utilisant l’exemple de la ville de Tolède, en Espagne. « Le TOLETVM [toe-lee-tum] est peut-être la pièce la plus contemporaine de l'architecture dans le contexte urbain historique de Tolède. La structure rectangulaire, toit incliné, et de larges fenêtres du bâtiment sont abstraits par rapport aux deux bâtiments qui le jouxtent, mais s’intègre bien dans la trame urbaine des châteaux et des ruelles étroites de cette ville. Pourtant, cette différence est délibérée. Le TOLETVM a été construit pour fournir quelque chose de nouveau pour Tolède, un lieu de rassemblement moderne et un centre d'accueil pour les résidents et les visiteurs » de dire Elyana Javaheri.

Un exemple plus récent, la ville de Marseille, ville culturel de l’Europe pour l’année 2013, qui par l’ajout du musée civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, avec une passerelle menant au Fort Saint-Jean, bâtiment du XV e siècle. Le fort Saint-Jean constitue un véritable point de jonction entre la ville et le musée, entre l’histoire et son écrin contemporain.

Les travaux de restauration du Monument Historique du fort Saint-Jean ont conduits à relié le fort au nouveau musée par une passerelle de 115 mètres de long, une seconde passerelle, d’une longueur de 70 mètres, est dressée entre le port et le parvis de l’église Saint-Laurent dans le quartier du Panier, assurant ainsi une continuité dans le parcours urbain entre la partie la plus ancienne de la ville et les nouveaux équipements culturels rassemblés sur le boulevard du littoral.

En voyant des villes patrimoniales réussir à entremêler le moderne à l’ancien sans nuire à son patrimoine, on ne peut s’empêcher de se questionner sur la faisabilité de la chose dans une ville comme Drummondville, où il semble exister deux scénarios récurrents : soit on rase et on remplace, soit on conserve et on ne peut pas proposer de nouveauté architecturale. Est-ce si compliqué de faire cohabiter l’ancien et le nouveau en sol drummondvillois? Quand oserons-nous?